Le procureur adjoint de la Cour pénale internationale (CPI), Mame Mandiaye Niang, a achevé une visite de trois jours en Guinée au cours de laquelle il a rencontré les autorités judiciaires et politiques. Il a insisté sur la nécessité de mener à terme le procès du massacre du 28 septembre 2008 dans des délais raisonnables.
Le procès, ouvert symboliquement le 28 septembre 2022 et jugé le 31 juillet 2024, concerne les événements survenus au stade de Conakry lors d’une manifestation contre la candidature de l’ancien chef de la junte, Moussa Dadis Camara.
Ce jour-là, au moins 157 personnes avaient été tuées, des centaines de femmes violées, des disparitions signalées et près de 1 500 blessés recensés, selon les chiffres établis par les organisations de défense des droits humains.
Sur les 12 accusés jugés, huit ont été reconnus coupables de crimes contre l’humanité et condamnés à des peines allant de 10 ans à la réclusion à perpétuité. Plusieurs d’entre eux ont interjeté appel, étape actuellement en cours.
Parmi les condamnés figure Moussa Dadis Camara, qui a depuis bénéficié d’une grâce présidentielle. D’autres accusés sont décédés, notamment Claude Pivi et Toumba Aboubacar Diakité.
Lors de sa visite, Mame Mandiaye Niang a rappelé l’importance de ne pas retarder la procédure, soulignant l’impact du temps sur les victimes et leurs familles : « Il est important que le procès soit mené à son terme, et surtout dans des délais raisonnables, car nous avons déjà perdu plusieurs figures clés et de nombreuses victimes continuent de souffrir ou disparaissent. »
La CPI affirme poursuivre une coopération étroite avec les autorités guinéennes afin d’assurer l’aboutissement du processus judiciaire dans les meilleurs délais.

