La Guinée s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la mise en place de ses institutions. Le président de la République, Mamadi Doumbouya, a convoqué la séance inaugurale de la nouvelle Assemblée nationale, prévue le 17 juillet prochain au Palais du Peuple.
Invité de Radio Bonheur FM, Dr Moussa Samoura, politologue et enseignant-chercheur a analysé la portée politique et institutionnelle de cette étape, tout en évoquant les missions et les défis qui attendent les nouveaux députés. Selon lui, cette session inaugurale constitue une étape normale après l’organisation des élections législatives et marque la poursuite du processus de consolidation institutionnelle. « Après le processus électoral qui a consacré l’élection des députés à l’Assemblée nationale, la première session consiste à installer les députés, élire le président de l’Assemblée et mettre en place les différents bureaux », explique-t-il. Pour Dr Samoura, cette installation s’inscrit dans la dynamique d’achèvement de la transition et de renforcement du cadre institutionnel du pays.
Deux missions essentielles : légiférer et contrôler l’action gouvernementale
Abordant les priorités de la nouvelle Assemblée nationale, l’analyste rappelle que les missions principales du Parlement sont définies par la Constitution. « L’Assemblée a deux vocations principales : la première, c’est de légiférer. La deuxième, c’est le contrôle de l’action gouvernementale », souligne-t-il. Selon lui, une fois les structures internes mises en place, les députés devront rapidement se consacrer à leurs missions traditionnelles, notamment l’examen des lois et la préparation des travaux budgétaires. Il insiste également sur le rôle du Parlement dans le suivi de la gestion publique.
L’indépendance des députés, un enjeu majeur
Pour Dr Moussa Samoura, l’indépendance de l’Assemblée nationale repose d’abord sur le fait que ses membres sont élus directement par le peuple. « La source de leur indépendance, c’est l’élection. Le fait qu’ils soient élus par le peuple garantit déjà leur indépendance », affirme-t-il. Toutefois, il estime que le pouvoir exécutif doit également créer les conditions nécessaires au bon fonctionnement de l’institution parlementaire, notamment à travers la mise à disposition des moyens financiers et matériels. Il rappelle que la séparation des pouvoirs constitue un principe fondamental dans un régime démocratique.
Restaurer la confiance entre les citoyens et leurs représentants
Après plusieurs années de transition marquées par des réformes institutionnelles, les nouveaux députés auront pour défi de répondre aux attentes de la population.
Dr Samoura estime que leur rôle sera notamment de contribuer à la poursuite des réformes, de voter les lois et de contrôler efficacement l’action du gouvernement. Selon lui, les députés devront également veiller à la transparence dans la gestion des ressources publiques. « Ils peuvent demain mettre en place une commission d’enquête lorsqu’il y a des manquements dans l’exécution d’un programme financier, parce que c’est l’argent du contribuable qui est engagé », rappelle-t-il.
« Éviter d’être une caisse de résonance »
Interrogé sur la crédibilité de cette nouvelle Assemblée nationale, Dr Moussa Samoura estime qu’elle dépendra de sa capacité à défendre l’intérêt général au-delà des clivages politiques. Pour lui, les députés doivent rester fidèles à leur mission de représentants du peuple. « Ils doivent éviter de ne pas être une caisse de résonance. Leur rôle est de légiférer dans l’intérêt du pays et d’assurer le contrôle de l’action gouvernementale », conclut-il.
À quelques jours de leur installation officielle, les nouveaux élus sont donc attendus sur leur capacité à incarner une représentation nationale indépendante, efficace et proche des préoccupations des citoyens.

